Riesling du monde 2005 :
Les petits détails d'un grand concours
Alors que le concours Riesling du monde 2005 a rendu son verdict le 14 mars dernier en décernant cinq grandes médailles (voir news du 16 mars à la rubrique Quoi de 9 ?), 20dalsace.com vous propose de suivre le déroulement de cette 8e édition et de vous glisser dans la peau d'un juré. Ça tombe bien : 20dalsace.com en était !
Depuis deux ans, les échanges sont possibles au sein de chaque jury
et même recommandés lors de chaque dégustation.
Ils permettent de confronter les avis entre les différents jurés
et de s'orienter sur une notation non pas commune, car chacun garde finalement
son libre arbitre, mais dirigée dans le même sens. Assurément,
le concours y gagne en cohérence.
A ce niveau, je m'aperçois de l'importance du rôle du président
de jury. Il est fondamental dans un concours comme celui-ci. En véritable
psychologue, il doit cerner très vite les gens qui sont autour de lui,
évaluer leurs limites de compétences, leur comportement, leur
éventuelle influence sur le groupe. La mise en bouche, qui donne le
la du concours, ne permet pas seulement de définir un étalon,
mais aussi d'amener les membres d'un même jury à se dévoiler
aux yeux des autres en général et à ceux du président
de jury en particulier.
Fort de qu'il aura pu entendre, voir et sentir, le président du jury
aura plus de facilités à diriger ensuite les discussions qui
entoureront le jugement d'un vin.
L'édition Riesling du monde 2005 s'achève ainsi. Dans une semaine,
les résultats seront proclamés. En sortant du palais des congrès,
je m'interroge sur le crédit que l'on peut apporter au futur palmarès.
En prenant en compte le nombre de vins en compétition, le nombre de
jurés et la procédure de dégustation, je me rends compte
que le jugement d'une grande médaille d'or - et d'ailleurs de toutes
les autres médailles - repose sur la note des membres d'un seul jury,
soit six personnes. Voilà peut-être la limite de ce concours.
On ne remettra bien sûr pas en cause l'organisation de cette manifestation
- par ailleurs vraiment impeccable -, mais le nombre très élevé
d'échantillons (569 vins étaient en lice) empêche toute
dégustation croisée.
Cependant, on peut noter que les organisateurs tentent au maximum de minimiser
cet inconvénient. Tout d'abord, les jurys sont éclectiques et
chaque table intègre, si possible, un dégustateur étranger.
On ne retrouvera jamais, par exemple dans le même jury, six producteurs
alsaciens qui exploitent le même secteur. Les discussions collectives
lors de chaque dégustation permettent également d'améliorer
le jugement au niveau individuel.
Toutefois, il faudrait peut-être réfléchir sur les méthodes
ou moyens qui pourraient être mis en oeuvre pour permettre des dégustations
croisées sur les différentes tables, afin d'obtenir un nombre
et une variété plus importants de jugements de dégustation
sur un seul et même vin. L'idéal serait que chaque vin soit dégusté
par deux jurys différents.
Mais comment y parvenir ? En augmentant le nombre de jurés, en augmentant
le nombre de vins à déguster par juré ou en limitant
le nombre de vins appelés à concourir ?
Dans le premier cas, il faudrait alors multiplier par deux le nombre de jurés
pour permettre le «doublonnage» des dégustations, ce qui
paraît difficile. Dans le second cas, il faudrait proposer trente vins
à la dégustation, ce qui est impensable. Le troisième
cas est également problématique : sur quels critères
et sous quelles conditions éliminer des vins et n'en sélectionner
qu'un nombre limité pour le concours ?
On l'aura compris, il ne semble pas y avoir de solutions miracles et peut-être
faudrait-il agir sur les trois niveaux en même temps pour arriver finalement
au but recherché.
A méditer...


A la une du mois d'avril 2005