Réussir sa visite chez le viticulteur
Quelques
petites recommandations pour éviter les regrets
Cette rubrique pourra paraître
inutile à tous ceux qui connaissent déjà l'Alsace, ses
vins et leurs producteurs. Mais pour tous ceux qui mettraient pour la première
fois les pieds dans la région,
ils trouveront là quelques conseils qui, on l'espère, leur seront
utiles pour leur visite.
Une
visite, contrairement à ce que l'on peut penser, ça se prépare
! Mieux vaut ne pas débarquer chez un producteur sans respecter quelques
"règles" de bons sens.
Tout d'abord, on ne déboule pas chez un viticulteur à l'improviste.
Si certains domaines proposent un accueil permanent avec des horaires bien définis
- comme par exemple les caves vinicoles, les domaines Jean-Baptiste Adam, Gustave
Lorentz ou autres Bott Frères -, la majorité des exploitations
reçoivent les visiteurs au coup par coup, au gré des visites.
Pour tous ceux-là, passez systématiquement un petit coup de fil
avant. Vous serez toujours mieux accueillis en annonçant votre arrivée.

Avant
de vous présenter au domaine, informez-vous sur le viticulteur et sa
production. Consultez les guides, pêchez des infos sur le Net et retenez
les noms des vins les plus typiques et emblématiques du producteur en
question.
Ainsi, lors de votre dégustation, vous pourrez demander à goûter
à ces crus qui, pour une raison ou pour une autre, ne vous auraient pas
été servis. Mais, ne demandez pas, après avoir goûté
un gewurztraminer VT, de revenir sur le riesling sec qui, à en croire
les experts, fait la renommée du domaine. Il y a un ordre de dégustation
à respecter et on ne peut raisonnablement plus faire marche arrière
dans une telle situation. On reviendra là-dessus un peu plus loin.

La
première chose à faire en pénétrant dans l'espace
réservé à la dégustation est de demander un tarif
que l'on pourra ensuite conserver.
Armé d'un stylo, vous pourrez ainsi noter en quelques symboles, chiffres
et/ou mots ce que vous pensez de chaque vin dégusté. Cet exercice
s'avère indispensable pour pouvoir se remémorer en fin de dégustation
les vins que l'on a préférés au début. Voilà
qui simplifiera substantiellement le passage de votre commande.
N'hésitez pas à interroger le viticulteur sur les spécificités
de ses terroirs, ses méthodes de travail, ses meilleurs millésimes,
le potentiel de garde de ses vins, les accords gastronomiques etc. Les guides,
les sites Internet, la presse spécialisée, c'est bien, mais c'est
chez le producteur que l'on apprend toutes ses petites choses essentielles qui
permettent de mieux cerner sa production.
Quels
cépages déguster chez le producteur ?
De manière générale, à votre arrivée, on
vous demande ce que vous voulez déguster. Selon vos goûts et les
infos que vous avez trouvées lors de vos recherches d'avant-visite, orientez-vous
vers vos cépages préférés et suivez l'enchaînement
riesling - pinot gris - gewurztraminer.
Au domaine Albert Seltz, l'un des papes du sylvaner, on commencera plutôt
par goûter ces fameux sylvaners avant de passer aux rieslings. Au domaine
Kientzler, on n'oubliera pas le pinot auxerrois K, l'une des curiosités
de la maison. Chez les Burn, à Gueberschwihr, on ne saurait éclipser
le muscat grand cru clos Saint-Imer... On pourrait continuer encore longtemps
ainsi. Ne vous limitez donc pas au classique triptyque riesling/pinot gris/gewurz
et informez-vous avant sur les spécificités et curiosités
du domaine.
Les pinots noirs, vinifiés en rouge, se placent plutôt en début
de dégustation, avant d'attaquer des vins blancs secs puis sucrés,
mais n'hésitez pas à demander au producteur à quel moment
placer son pinot noir au cours de la dégustation (ça peut varier).
Si le producteur vous indique d'emblée un ordre à suivre, suivez-le
sans rechigner. Qui connaît mieux que lui ses vins et la meilleure façon
des les apprécier les uns à la suite des autres ?
Lorsque
vous tomberez sur un vin qui, véritablement, vous impressionne et qui,
c'est sûr, n'échappera pas à votre commande, informez-vous
tout de suite sur son potentiel de garde, les accords gastronomiques qui le
mettront en valeur et compléter ainsi vos petites notes écrites
sur votre tarif.
Se plier à cette règle, c'est s'assurer de faire, le jour venu,
le meilleur usage de ce vin. Comment se rappeler cinq ans plus tard, et si on
ne l'a pas écrit quelque part, les propos de Mme Becker qui conseille
d'ouvrir son riesling VT sur un saumon cuit à l'unilatérale avec
un filet de miel ?
Le passage de la commande, qui ponctue généralement la visite,
reste un exercice difficile voire cauchemardesque pour tous ceux qui n'auraient
encore jamais prononcé un mot de plus de dix lettres qui ne contienne
que deux voyelles.
Une petite leçon d'alsacien (ou plutôt de prononciation alsacienne)
s'impose :
Visionnez et écoutez nos petits documents vidéo pour vous familiariser
avec la prononciation (à peu près convenable) des cinquante
grands crus alsaciens.
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