A la une du mois de septembre
2005
Etiquettes sur le Net : décollage immédiat !
Comme dans toutes les autres régions viticoles, les étiquettes
de vins en Alsace comportent des informations obligatoires (dénomination
catégorielle (appellation Alsace), volume, degré alcoolique,
nom et adresse de l'embouteilleur,) et des informations facultatives (appellation
commerciale, millésime).
Mais ici, l'appellation régionale est pratiquement toujours doublée
de la mention du cépage (Tokay pinot-gris dans l'exemple ci-contre).
C'est un peu la marque de fabrique de la région.
Cette indication n'est autorisée qu'en cas de cépage pur. Pour
des assemblages de plusieurs vins de différents cépages, l'étiquette
peut comporter la mention "edelzwicker"
ou "gentil".
La
plus vieille étiquette de vin d'Alsace connue date de 1825 et concerne
un vin de paille. Feuilles de vignes et raisins en constituent le décor,
comme d'ailleurs la plupart des étiquettes de l'époque.
L'illustration des étiquettes ne viendra qu'un peu plus tard et les plus
grands artistes alsaciens prêteront leurs pinceaux à la création
d'étiquettes. C'est le cas en particulier de Robert Kuven, aquarelliste
bas-rhinois, décédé en 1983, de Charles Spindler, mort
en 1938, et bien sûr de Jean-Jacques Waltz, plus connu sous le nom de
Hansi (1873-1951). Une
dizaine
d'étiquettes signées Hansi sont disponibles sur ce site perso
consacré au peintre colmarien.
Si
les villages alsaciens sont souvent représentés sur les étiquettes
de la première moitié du XXe siècle, c'est l'Alsacienne
en costume qui s'impose sur la majorité d'entre elles, jusque dans les
années 80-90 où ce symbole, jugé de plus en plus désuet,
commence à décliner sans pour autant disparaître.
Certains viticulteurs se sont d'ailleurs amusés ces dernières
années à détourner l'image de l'Alsacienne en costume traditionnel
en lui donnant des atours plus engageants (voir
la
cuvée des plaisirs de Muller Koeberle sur cette page que l'on pourra
bien sûr consulter dans son ensemble). Sur ce même site, où
l'on trouve des centaines d'étiquettes classées par thèmes,
une
rubrique
est entièrement consacrée aux costumes alsaciens. A visiter
d'urgence !
Mais il n'y a pas que le folklore local qui soit la seule source d'inspiration
des créateurs d'étiquettes. L'histoire mouvementée de la
région s'y reflète également, lorsque, par exemple, l'Alsace
fut occupée et que
les
étiquettes de ses vins devaient être rédigées en
allemand, ou bien, un peu plus tard, lorsqu'elle fut libérée
de l'occupant. Les viticulteurs fêtèrent alors
l'événement
à leur manière.
Aujourd'hui,
les débats qui animent la viticulture alsacienne et en particulier ceux
qui concernent la teneur en sucres des vins d'Alsace trouvent leur prolongement
sur certaines étiquettes.
En septembre 2004, la cave de Traenheim lançait une nouvelle séries
d'étiquettes indiquant les équilibres aromatiques de ses vins.
Un curseur placé sur trois échelles différentes mentionne
si le vin est plutôt sec ou rond, plutôt souple ou vif et plutôt
floral ou fruité. Il s'agit d'informer le consommateur sur les caractéristiques
du vin afin qu'il puisse en faire le meilleur usage et éviter ainsi les
surprises à l'ouverture (par exemple ouvrir un vin assez sucré,
alors que l'on s'attendait à un vin très sec).
Si certains approuvent cette démarche informative, d'autres s'insurgent
sur le fait que l'on puisse par exemple indiquer qu'un riesling est sec, alors
que c'est sa vocation même. Le consommateur serait ainsi plus troublé
que renseigné selon eux.
Aujourd'hui, il n'existe à notre connaissance qu'un seul site Internet
entièrement consacré aux étiquettes de vins d'Alsace.
Créé et développé par Etienne Jadoul, il regroupe
à ce jour une collection de près de 700
étiquettes de vins d'Alsace. Bonne visite !
A visiter également sur le Net :
- le site de l'Association
nationale d'oenographilie (les collectionneurs d'étiquettes), dont
le siège se situe dans le Bas-Rhin, à Furdenheim, et présidée
par George Kah,
- et enfin, pour tout savoir sur le décollage d'étiquettes,
ne manquez surtout pas de lire le magnifique traité de Rémi
Loisel sur l'«Art
totalement désuet du décollage d'étiquettes».
Un texte à savourer comme un grand cru.

Une
autre voie a été prise par certains vignerons pour apporter aux
consommateurs des informations supplémentaires sur leurs vins.
En collant une contre-étiquette au dos de leurs flacons, ces vignerons
se sont offert un nouvel espace de communication sur leurs bouteilles, espace
qu'ils exploitent de manière différente selon le message qu'ils
veulent transmettre (description du terroir, des méthodes de travail,
propositions d'accords gastronomiques, conseil de température de service...).
Les
étiquettes d'Alsace sur le Net